Nous vous proposons une série d'articles qui fera une
synthèse de tout ce qui est publié sur le web concernant le jeu de boules.
Nous avons également puisé dans les livres suivants :
Jeu de Boules,
trois mille ans d'histoires ... et d'histoires de Henk et Anne Martine REESINK
Si vous avez
fait, vous-même, des recherches sur l'histoire de la pétanque et du jeu de boules, n'hésitez pas à nous en faire part, pour que l'historique que nous
faisons soit le plus complet et authentique possible.
Tout au long de cette année 2007, il va beaucoup être question d'anniversaire et de centenaire de la
pétanque. A l'échelle de notre civilisation, la pétanque est un sport jeune, qu'est-ce que 100 ans comparé à des millénaires ?
Nous allons donc essayer
de remonter au delà de ces 100 ans pour découvrir ce qui a donné naissance à la pétanque.
Le jeu de boules puise ses origines dans la nuit des temps. Aussi loin que l'on puisse remonter
dans les sociétés civilisées, on trouve toujours une trace du jeu de boules.
D'où vient réellement ce jeu ?
D'Egypte ?
Tout aurait commencé en Egypte, où 5700 ans avant notre ère,
deux boules de la grosseur de celles
servant aujourd'hui à la pétanque et ainsi qu'une boulette, ont été retrouvées à
côté d'une momie. Par la suite, plus
de 500 ans avant J.C., la présence
d'une paire de boules et d'un cochonnet
dans le sarcophage d'un enfant égyptien, témoigne déjà d'une certaine passion dès les
origines. Cette découverte a été faite en
1930 par l'archéologue Sir Flinders Petrie.
De Chine ?
Où des fouilles ont prouvé que l'on y jouait dans un lointain passé.
D'Ecosse ?
Où des boules datant de quatre mille ans, ornées de stries ont été retrouvées.
De Grèce ?
Les origines se trouveraient
en Grèce, où les Grecs six siècles
avant J.C. jouaient au "sphéristique". Ils envoyaient des pièces de monnaie le plus près possible d'une ligne tracée au sol. A moins que cela ne soit la "sphaera", qui consistait à lancer un projectile
à la façon du lancement du poids.
Les Grecs s'en servaient pour éprouver leur force. La Grèce aurait été la première contrée de la vieille Europe à connaître de tels loisirs.
Dans l'Illiade, des descriptions de cérémonies funéraires en l'honneur de Patrocle montrent des héros grecs
se mesurant à un jeu qui pourrait
être l'ancêtre de notre jeu de boules.
Au 3e siècle avant J.C. Oribase, un médecin grec, décrit 5 sortes de boules de poids différents. Les
boules, certains prétendent qu'il s'agissait de poids, devaient être jouées à tour de rôle. Celui qui jouait le plus loin était le vainqueur. D'autres médecins prescrivaient la pratique des jeux de boules, parce qu'elle était bonne pour les muscles et les membres du corps. Hippocrate et Galien
partageaient cette opinion. Galien disait : "c'est le sport le moins rude de tous, c'est la raison pour laquelle il est bénéfique à ceux qui ont besoin de repos. C'est le meilleur pour reprendre des
forces et sa pratique est aussi bonne
pour le vieillard que pour l'enfant. Le
jeu de boules nous permet de décontracter
les membres surchargés et d'exercer ceux qui sont affaiblis".
Il faut préciser, que dans leurs écrits, les médecins grecs parlaient
de Spharea, ce qui peut se traduire
par "balle", ou "boule". Les archéologues ont constaté que les balles étaient remplies
de crin de chevaux, de plumes ou
de fibres végétales. Il est probable qu'en Grèce les joueurs se lançaient ces balles de l'un à l'autre, alors que les boules en bois ou en pierre étaient lancées vers un but sur une plus grande distance. Les Grecs n'utilisaient pas
de balles ou de boules susceptibles de rebondir.
Les Romains auraient ensuite modernisés le "sphéristique", en remplaçant les pièces de monnaie par des galets aux formes arrondies, et la ligne tracée au sol par un caillou. Ils seraient en quelque sorte, les inventeurs du "but" ou
"cochonnet". Avec eux, l'adresse se substitue à la force. On trouve un témoignage de ce passe temps qui divertissait les Romains, dans le temple de Caracalla, où
une fresque montre des joueurs qui jette
la boule ou mesurent un point.
Il existe à Florence; sur une tombe, une image d'enfants jouant
aux boules.
L'écrivain romain, Julius Pollux (environ deux cents ans après J.C.),
a décrit un jeu éphédrisme, dans lequel
un joueur devait lancer une pierre à
une certaine distance. Les autres essayaient de la toucher. Celui qui, après un certain nombre de jets, n'avait toujours pas
réussi à toucher la première pierre (le
but), recevait une punition assez pesante, puisqu'il devait porter le vainqueur sur ses
épaules jusqu'à la pierre, ce qui n'était
pas toujours un exercice facile.
Comment le jeu de boules serait-il arrivé en Gaule ?
Certains historiens prétendent que les marins Simon et Protis partant en voyage, il y a 2600 ans, depuis Phocée, en Asie
mineure, vers l'ouest avaient emporté leurs coutumes avec leurs équipages. A l'ouest existait le royaume des Ségobriges du roi Nam, à l'emplacement de nos Bouches-du-Rhône. Les marins d'Asie
mineure furent reçus à bras ouverts. Nam donna sa fille en mariage au capitaine Protis. Sur les vastes terres que son beau-père lui avait offertes, près de l'embouchure du Rhône, le capitaine
fonda Massalla la Grecque, l'actuelle Marseille. Ces marins grecs auraient introduit le jeu de boules que les conquérants romains, par la suite, adoptèrent. Les pierres rondes de la Durance,
auraient été les premières boules utilisées, que l'on lançait vers une pierre plus petite servant de but.
Pour d'autres, il y a tout lieu
de penser, que c''est avec la conquête
de la Gaule, que le jeu de boules est arrivé chez nous, Massalla, 600
ans avant J.C., puis plus tard, Alésia
et Lugdunum.
Les galets utilisés par les Romains, se brisaient souvent, ils furent
remplacés par des boules en bois tourné,
puis des boules en bois cerclées de
fer.
Avec les invasions barbares,
le jeu de boules s'endort. On ne possède pas beaucoup d'information jusqu'au début du Moyen
Age, ce qui n'est guère étonnant, compte tenu du désordre politique et social de l'époque.
Aux Xe et XIe siècles, la situation plus calme en Europe, favorise davantage l'essor des activités socio culturelles. Les
jeux et divertissements y étaient fort prisés.
Dans plusieurs bibliothèques et musés, on peut admirer des illustrations magnifiques, montrant des joueurs de
boules.
Les enluminures des livres montrent la vie de tous les jours. Manuscrit du XIVe siècle, Bibliothèque municipale
de Bruges (Belgique).
Les représentants des autorités religieuses et temporelles ont essayé de toutes les manières de réfréner
ou d'interdire les jeux de boules. Des interdictions frappent aussi bien la France que l'Angleterre ou les Pays Bas. D'une part, il s'agissait de restaurer l'ordre public, car des maisons, des
arbres et des murs s'en trouvaient endommagés; d'autre part, on estimait que se préparer à faire la guerre, était beaucoup plus important. On voulait rappelait au peuple ses devoirs
civiques.Quleques exemples :
- en 1319, Philippe V le Long, interdit la pratique des jeux de boules.
- Charles V suit son exemple par un décret royal du 3 Avril 1369, qui stipule entre autres : "nous interdisons par les
présentes lettres tous les jeux de dés, de table, de paume, de quilles, de palets, de soule, de billes, et tous les autres jeux qui n'ont point d'utilité, pour exercer nos dits sujets au
maniement des armes, à la défense de notre royaume, sous peine d'une amende de 40 sous. Il faut dire que nous sommes en pleine guerre de cent ans. La réaction fut telle, que le
roi dut se contenter d'une réglementation sévère.
- Durant le concile de 1585, on décida qu'il était interdit au clergé de s'occuper des jeux. les autorités
ecclésiastiques estimaient que le jeu nuisait à la pratique religieuse. A partir du XVIe siècle, dans beaucoup de villes, des édits bannirent les jeux, les jours de fête et le dimanche. La
détente et les distractions populaires devaient céder le pas devant le service divin.
Anecdote
Louis XI, roi de France de 1461 à 1483, adorait le jeu. Dans son château de Plessis les Tours, dans le Val de
Loire, il avait fait construire un terrain splendide où les nobles de la région prenaient régulièrement une leçon de leur roi, qui, parait-il, était un excellent joueur. Peu d'entre eux se
risquaient à le battre. On prétend même que si le roi avait dû choisir entre ses obligations religieuses et une partie de boules, il aurait été plutôt enclin à choisir cette dernière, au grand
désespoir du clergé.