Mercredi 26 novembre 2008
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La pétanque est devenue sport de haut niveau en 2004. Vous avez dit sport ? Oui c'est un vrai sport, n'en déplaise à beaucoup de gens qui rigolent en entendant ces propos.
Pourtant, il faut de la résistance physique de la concentration, et pouvoir soutenir
un certain stress. De plus la pétanque commence tout doucement à être médiatisée, les étapes du Masters et les
championnats du monde à la télévision, même si l'on peut déplorer que cela soit rarement en direct.
Mais, la pétanque a du mal à muer pour devenir un grand sport populaire comme d'autres disciplines telles que football, rugby, tennis, handball, basket, etc. Populaire, la pétanque l'est, maintenant il reste à convaincre sur l'aspect
sportif. On parle beaucoup, beaucoup trop d'argent dans les disciplines citées ci-dessus. Or les problèmes d'argent, même si
les sommes en jeu sont ridicules par
rapport aux autres sports très médiatisés, sclérosent la pétanque, même au plus bas niveau, et freine de façon notoire son ascension sportive. Pourquoi ?
Pour toutes les compétitions
officielles (compétitions fédérales), à l'exception des
qualificatifs et championnats, les joueurs paient un droit d'inscription (une mise), environ 5€
par joueur. Le club organisateur de la compétition, restitue aux gagnants des parties
l'ensemble des mises, auxquelles il ajoute 15 ou 25%, selon la catégorisation de la compétition, voir plus pour les compétitions
de niveau régional ou national. Au début
les gains restitués sont minimes, mais lorsque l'on arrive aux parties finales, les
gains augmentent. Ils varient également en fonction du nombre de joueurs participant. Il
n'est pas rare, de voir sur une compétition de niveau départemental, un cumul de
gains sur l'ensemble des parties gagnées, avoisinant 150€.
Beaucoup de joueurs veulent
"empocher" le maximum des sommes restituées. Pour ce faire, il y a des arrangements entre les joueurs au niveau des
parties finales pour partager les gains. Qui dit partage, dit ne pas jouer les parties finales, ou bien faire un simulacre de jeu, puisque tout est arrangé.
Il y a quelques années, ces partages
ne touchaient que les finales, maintenant ils touchent les 1/2 finales. On voit même au niveau des 1/4 de finale, des joueurs commencer à en approcher d'autres
pour leur proposer un partage s'ils gagnent leur 1/4 de finale. Par ces pratiques, le jeu perd de son intérêt, les compétitions perdent de leur intérêt. Il
y a également une grande frustration de
la part des spectateurs présents, car les
parties finales sont souvent les plus belles, et ils viennent pour voir ces parties, or elles n'ont presque jamais lieu.
Il faut ajouter, que psychologiquement, le fait de partager est confortable à plus d'un titre. En plus de l'aspect financier,
sportivement, il n'y a pas de perdant,
vu que les parties ne sont pas jouées, donc l'honneur est sauf et chacun
peut rentrer dans son club la tête
haute en disant "je n'ai pas perdu".
Et les arbitres me direz-vous, pourquoi laissent-ils faire cela
? La réponse de l'un d'entre eux,
à qui je posait la question, a
été la suivante : "il est vrai que nous pouvons obliger les joueurs à
disputer les parties finales, mais comment va-t-on pouvoir être sûr que la partie est vraiment jouée avec motivation
? Un joueur peut toujours dire qu'il
a eu un passage à vide, qu'il n'était plus dans le coup, donc que sa contre performance est explicable". On ne
peut donc pas rendre les arbitres responsables de la situation. Mais alors qui
?
L'ARGENT ! Arrêtons de faire payer des mises aux joueurs, ainsi il n'y aura plus de mises à redistribuer. Pas si simple, car qu'est-ce
qui fait vivre les clubs ? Les buvettes, et entre autre, pendant les compétitions. C'est une spirale vicieuse et infernale, pour faire de la recette, il faut que la buvette marche, que les joueurs consomment, et les gains qu'ils reçoivent
alimentent la buvette, puisqu'ils consomment davantage.
Mesdames et Messieurs les
dirigeants de la Fédération Française de Pétanque et Jeu Provençal, des ligues et des Comités départementaux, UN PEU DE COURAGE, il y a des Présidents de clubs qui seraient prêts à vous suivre, si vous preniez deux décisions majeures
pour faire de la pétanque un grand
sport PROPRE,
1- supprimer la consommation d'alcool pendant le déroulement des compétitions
2 - supprimer les mises
et leur restitution, que les joueurs jouent pour gagner, pour le sport et l'esprit sportif
Les compétitions de clubs,
telle que Coupe de France et championnat
des clubs (en pilote dans certains départements pour ce dernier), donnent u bol
d'air à la pétanque, car l'argent n'est
pas présent au niveau des rencontres. Toutefois ces compétitions de clubs sont parfois
boudées par les meilleurs joueurs, car il
n'y a pas d'argent à gagner.
Il faut donc hâter la mise en place au niveau national du championnat des clubs, et faire en sorte qu'il remplace les concours actuels qui
génèrent tout ce qui a été évoqué
ci-dessus. La pétanque ne pourra en
ressortir que grandi.
NE LAISSONS PAS SCLEROSER LA PETANQUE PAR L'ARGENT